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Salon du Livre

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Salon du livre, Les auteurs vous offrent leurs textes ou leurs dessins

Des auteurs invités sur le salon du livre des 20,21 et 22 mars nous ont envoyé textes ou dessins. Nous vous les offrons…

Partager avec des artistes, ce moment si particulier, c’est mettre des mots sur nos émotions, garder son sens de l’humour, rêver encore un peu…

Illustration - Alfred - Mars 2020


Se confiner avec Zelba et fantasmer le salon du livre avec Lisa Bienvenu

Le 1er avril, bilan fantasmé du Salon du livre

Tout le monde a nagé dans le bonheur pendant les quatre jours qu’ont duré ce salon du livre.

Il a flotté dans l’air de cette édition printanière un sentiment vraiment particulier, presque surréaliste, comme si le monde ne tournait plus comme d’habitude, comme si le TEMPS normal n’existait plus.

C’est quand même drôlement bien tombé, le TEMPS, c’était exactement le thème de la fête des littératures sous toutes leurs coutures !

Certains artistes sont arrivés dès le mercredi soir pour aller à la rencontre des enfants et adolescents… C’est l’ensemble des adultes parents ou pas, femmes et hommes politiques, quelles que soient la sensibilité et la spécialité, les entreprises culturelles ou pas… qui se sont mobilisés pour que ces rencontres entre artistes et jeunes aient lieu. Car tout ce monde-là est bien conscient de l’importance des arts dans la formation de l’esprit des jeunes. Comme tous les ans, et cette année plus encore, sans que l’on sache pourquoi, des jeunes et leurs parents s’évanouissaient au passage des artistes. On vous a dit, tout était étrange.

Inutile à présent de vous détailler par le menu l’ensemble des conférences, animations, ateliers, lectures dessinées musicales, tables rondes…. Ce fut un raz-de-marée à chaque fois. L’équipe organisatrice a été contrainte de confiner le public qui attendait impatiemment les stars en hurlant littéralement leurs noms. Une fois dans les salles de spectacles, finalement très docilement, tout ce petit monde a accepté d’être tout serré comme des sardines, heureux et béat qu’on lui délivre enfin une bonne parole qu’il s’est empressé de contredire.

A certains moments, tout de même, il a fallu isoler certains artistes afin de les protéger de l’inondation des larmes d’émotion qui coulaient du public.

L’équipe a fait avec les moyens du bord…

A travers les cieux, l’espace et le temps, nous nous rappellerons longtemps de cette belle odyssée… euh édition.

Un immense merci à tout le monde de la part de tout l’équipage pour vos sourires et vos enthousiasmes !

Et vive le prochain voyage au pays des livres !

Illustration Zelba mars 2020 Texte Lisa Bienvenue mars 2020

L'injonction à écrire d'Hélène Gestern

L’injonction à écrire

Dans les jours qui ont suivi l’annonce du confinement, j’ai été contactée à plusieurs reprises par des maisons d’édition étrangères, qui ont eu la gentillesse de me traduire, ou pardes connaissances qui me proposaient de rédiger un écrit, voire de tourner une vidéo du confinement. Beaucoup d’amis m’ont également écrit, et terminé leur message par leur espérance, là encore empreinte d’une immense gentillesse, que j’allais « en profiter pour écrire un beau livre » ou « trouver l’inspiration » (ou bien « le temps ») pour écrire. Dans une association dont je suis membre, un débat a beaucoup animé les discussions par mail, durant les premiers jours : journaux de confinement, pour ou contre ? De grands médias en avaient commandé à Leïla Slimaniou Marie Darrieussecq, ce qui avait d’ailleurs suscité sarcasmes, voire déclarations haineuses. L’association elle-même avait décidé d’ouvrir une section de blog pour que ses membres pussent s’y exprimer. Enfin, une chercheuse de mon université a lancé un appel aux étudiants, dans le cadre d’une étude de psychologie sociale qu’elle a décidé de mener sur le sujet, et les a invités à tenir leur journal de confinement.

Bref, l’écriture comme remède, comme médicament, comme thérapie souveraine au mal du confinement. Découvrez la suite

Rêver avec la cabane de Marine Rivoal

Marine Rivoal nous envoie ce dessin inédit de son appartement de Lyon.

Elle l’a réalisé lors de son séjour sur le sentier des Lauzes. Voici ce qu’elle en dit : « C'est une petite cabane en bois où l'on aimerait s'évader, loin de notre appart, pour voir un bout de ciel, ou quelques sangliers au moins. »

Dessiner l'avenir avec Gaëlle Josse

Dessiner l'avenir avec Gaëlle Josse

mars 2020

Ainsi, donc, le manège de nos vies s'est arrêté. Et nous n'en pouvons descendre, condamnés à y attendre avec sagesse et patience qu'il redémarre un jour, ou l'autre, on l'espère. Et le printemps est là, frais, fleuri, insolent et indifférent à nos soucis. Nous n'irons pas le fêter dehors, non plus.

Pour la première fois dans la vie de la majorité d'entre nous, nous voilà empêchés, dé-routés de nos existences trépidantes, minuscules et fragiles. Fragiles surtout. La propagation de cette épidémie mondialisée nous prend de court. On arrête tout. Nos activités les plus quotidiennes, banales, dérisoires, nos petites et grandes affaires, nos projets sérieux ou légers, plus rien, ou presque, n'est possible. Attraper un café au vol sur le comptoir avant d'aller travailler, partager un déjeuner, rendre visite à nos parents âgés, passer faire un tour en librairie, inviter des amis, faire du sport, ce sera pour une autre fois, pour plus tard. Aux calendes grecques pour le moment. Découvrez la suite

S'envoler sur un dragon d'Elodie Serrano.

Je suis un dragon

Elodie Serrano

Une douce tiédeur titille mon naseau droit. Je soulève une paupière paresseuse : un fin rayon de lumière filtre à travers la cheminée de ma grotte. Le jour vient de se lever. Je renifle et me décale légèrement, ce qui fait tinter mon magot de métal. Une sérénade douce à mes oreilles, sauf quand j’essaie de dormir. Je me demande si d’autres dragons ne regrettent pas aussi leur choix de collection. Mon tas de ferraille n’a rien de moelleux et il fait un boucan d’enfer au moindre mouvement. À chaque fois que j’ai le sommeil agité, je suis réveillé par le vacarme. Mais bon, un dragon se doit de dormir sur son trésor, non ?

Un gargouillis, presque aussi bruyant que mes trophées, s’élève de mon estomac et rebondit en multiples échos sur les murs rugueux. Je suis rentré bredouille de ma nuit de chasse ; les villageois font plus attention à leurs troupeaux depuis quelques mois, même si je suis aussi discret qu’avant. De plus en plus, ils les rentrent à l’abri pour la nuit. J’aurais dû faire durer la dernière vache, la manger une cuisse à la fois. Mais elle était si savoureuse, je n’ai pas pu me retenir. Maintenant, j’ai faim et je pourrais gober un bœuf entier. J’aurais probablement un peu de mal à voler après ça. Un repas trop copieux et je reste cloué à terre.

Je soupire et glisse la tête sous mon aile droite. Je dors trop sous la gauche en ce moment, je vais finir par avoir un torticolis.

Ne penser à rien, oublier mon estomac, le goutte à goutte de l’humidité dans un conduit souterrain au loin, le petit bout de métal coupant sous ma cuisse. Dormir. Essayer, du moins. C’est vraiment douloureux. D’un coup de patte, je chasse l’objet mal placé et déclenche une avalanche métallique qui s’écroule dans un concert tonitruant. J’enfonce un peu plus ma tête sous l’aile pour amortir le son. Rien à faire. Découvrez la suite